jeudi 29 janvier 2015

Changement de programme (sur un même chemin)

La Maison Ecologique, n°58 - septembre 2010
Passerelle Eco n°55 - Hiver de l'an 15
Vivre la simplicité volontaire, histoires et témoignages, Cédric Biagini et Pierre Thiesset (coord.), L'échappée / Le pas de côté, 2014

Et l'hiver vint, avec son flot d'éternuements et de fièvres infantiles, deux gamins sous la couette et une réflexion sur l'espace nécessaire pour faire vivre quatre humains sous un même toit. La Tiny House nous apparut soudain telle qu'en elle-même : toute petite. Même assortie d'une yourte-salle de jeux-chambre d'amis, nous nous sommes imaginés avec les enfants malades, sans chambre à eux dans la maison principale, incertains quant au sort juridique réservé à notre campement. De liens en liens, en creusant la question des maisons modestes, écologiques et modulables, nous avons changé de programme. 

"La maison écologique" et "Passerelle Eco" : recueil de pratiques inspirantes

 Une flânerie dans un kiosque à journaux nous a fait découvrir le magazine "La maison écologique", Société coopérative ouvrière de production (Scop) fondée par Aline Martin et Yvan Saint-Jours (spécialiste de l'habitat écologique et par ailleurs impliqué dans le mouvement des Tiny Houses en France), proposant chaque mois des exemples en matière de construction saine, de gestion de l'eau, d'énergies renouvelables, avec une large fenêtre ouverte sur l'auto-construction. Une grande amie nous a glissé entre les mains ses anciens numéros de "Passerelle Eco", magazine associatif édité dans le Morvan, militant pour l'écologie pratique et les alternatives au quotidien, réseau des "écolieux" en activité et en devenir. Avec ces deux titres de presse indépendante nous entrons dans le domaine magique des maisons en bois et en paille, des "FarmLab", de l'autoconstruction et du design libre, de l'économie collaborative et des idées aussi farfelues qu'un lave-linge à pédale.

On pourrait se croire tombé dans un vortex tournant indéfiniment dans les années 1970, s'il n'y avait pas dans chacune de ces pages des idées cruciales et sans cloisonnement, tournées vers l'avenir des liens humains solidaires et des technologies appropriables, ancrées dans des expériences éprouvées : des utopies en marche ! 

"Habiter autrement", comment ?

 Nous avons fait le point sur ce qui nous paraissait essentiel dans ce projet d'habitat : 
  • Vivre le plus possible dehors, la maison comme un abri des éléments, dans l'esprit d'une cabane : vivre dans un espace intérieur limité et un vaste espace extérieur ;
  • Construire ou faire construire avec des principes et matériaux écologiques ;
  • Élire demeure en Ile-de-France pour rester en lien avec nos professions actuelles, qui nourrissent aussi bien notre âme que nos enfants ;
  • Dépendre le moins longtemps possible d'un crédit immobilier ;
  • Expérimenter des pratiques de transition énergétique et de traitement de l'eau à l'échelle d'une famille ;
  • Ouvrir notre lieu de vie aux expériences de micro-auto-constructions (abri en kerterre, modules en palettes...) et continuer de créer du lien pour un jour intégrer ou créer un lieu collectif (dans le modèle de l'habitat partagé).

Et concrètement, on en est où ?

Après la naissance de notre deuxième enfant en octobre 2014, nous avons d'abord pris le temps de l'accueillir sereinement, en laissant en suspens nos élucubrations cabanières. Il a bien fallu trois mois pour retrouver un équilibre, repenser la vie à quatre, au creux de notre nid actuel (un appartement de 65 mètres carrés dans un petit ensemble d'immeubles de 1975, avec quelques espaces semi-collectifs extérieurs comme des jeux pour enfants, permettant de se rencontrer entre voisins).

Nous sommes actuellement en train de visiter des terrains dans l'extrême sud de l'Ile-de-France, en Essonne, et un hameau nous plaît particulièrement : dans la vallée de la Juine, à deux pas du Loiret, au milieu des cressonnières et des bois, à 3 kilomètres d'un chef lieu de canton pourvu d'écoles, commerces, associations, AMAP, collège, tout en restant proche des transports collectifs d'Ile-de-France. Parce qu'évidemment, il n'est pas question de construire une maison écologique pour devoir prendre deux fois plus la bagnole :)

Nous avons repéré et contacté plusieurs constructeurs de maisons en bois, en les sélectionnant selon leurs procédés et matériaux écologiques, leurs garanties de construction et leur localité. A garanties équivalentes, un constructeur du Loiret aura par exemple notre préférence par rapport à un confrère national, tout simplement pour favoriser l'économie artisanale locale. 

La maison aura les caractéristiques suivantes :
  • 70 mètres carrés, plain pied, 2 chambres + mezzanine sur séjour;
  • Ossature bois et bardage bois ;
  • Bioclimatique ;
  • Pré-chauffage de l'eau par énergie solaire ;
  • Poêle à granulés de bois ;
  • Blindage des circuits électriques (pour réduire le rayonnement électromagnétique) ;
  • Cuve de récupération d'eau de pluie ;
    et surtout...
  • Toilettes sèches ;
  • Assainissement des eaux grises par phytoépuration.
Ces deux derniers points nous tiennent particulièrement à coeur, la gestion des eaux usées étant un sujet si trivial qu'il en devient invisible dans notre quotidien, alors qu'il est un enjeu actuel et à venir de notre destinée collective (pour le dire crûment, on va bientôt crouler sous notre propre fange et manquer d'eau potable, si on n'essaie pas d'autres façons de faire !) Nous y reviendrons dans de prochains billets, au fil des réflexions et du chantier... A tout bientôt !

Ceci est le cinquième billet sur notre projet d'habitat familial alternatif.
Retrouvez les autres billets ici :
- Romans d'été
- L'aventure de proximité
- Faire vivre le rêve
- Le mouvement Tiny Houses

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