samedi 6 décembre 2008

De l'autre côté

Derrière les vitres, le soleil. Au-delà du corps, la lumière.

Lyon, Gare de Perrache, le 30 novembre 2008, au départ de Paris pour Madrid.

samedi 29 novembre 2008

Graffitis erotico-votifs

Ce n'est pas une église qui accueille ces mots doux, mais une rue du 6è arrondissement parisien, près d'un collège catholique.

lundi 24 novembre 2008

Viser juste

Un petit souvenir du métro parisien.

Affiche(s) dans les couloirs de la station Gare du Nord, le 26 février 2002.

jeudi 13 novembre 2008

Vogue des marrons

La Vogue des marrons sur la Place de la Croix-Rousse, c'est fini. Dommage, il y avait de drôles de jeux. Pour celui-là, il suffisait de mettre sa main sur une plaque de métal et d'attendre que la température monte, de "puceau" à "chaud lapin" en passant par "baiseur" et "fou d'amour". Un jeu à usage uniquement masculin, allez savoir pourquoi.

jeudi 30 octobre 2008

Sembra sud

Marseille,
quartier du Panier, sur la route de la bibliothèque de la Vieille Charité,
le 28 octobre 2008,
juste avant l'hiver.

jeudi 16 octobre 2008

La cité interdite (épisode 2)

© photo : Aurélia J.

Encore une découverte sur le World Wide, à la bibliothèque municipale.

Cette fois, c'est un coup du DansGuardian, un filtre qui fonctionne en ligne de commande et qui, dixit Wikipedia, "utilise plusieurs méthodes paramétrables pour déterminer si une page Web doit être bloquée. Parmi elles, un système de pondération détecte des mots interdits dans une page, et lui assigne un score en fonction de la gravité et du nombre de mots détectés. DansGuardian bloque alors les pages dont le score dépasse un certain seuil."

Très bien. Dans la pratique, c'est :

"ACCES INTERDIT

L'accès à la page :
http://charlyleprof.canalblog.com/archives/2008/06/23/9675543.html
... est interdit pour les raisons suivantes :

Limite de ponderation depassee.

Vous voyez ce message parce que vous tentez d'accéder à une page qui contient, ou est réputée contenir des choses qui ont été déclarées inappropriées.

Si vous avez des questions, ou si vous pensez que la page ne devrait pas poser de problèmes, contactez votre administrateur réseau. "

Tout ça parce que Charly le prof vide son cartable. En fait, le paragraphe qui a fait monter le taux de cholestérol, c'est celui-ci.
(Rappel du contexte : c'est la fin de l'année scolaire, les élèves offrent un joli t-shirt à leur professeur préféré.)

"– Hé m'sieur vous l'essayez ???
Et merde.

– Heu... quoi ??? Le tee-shirt là ?? Ah ben ça tombe bien, j'allais le faire...

Plus le petit bonus pour faire mon intéressant :
– Mais vous faites pas de photos les enfants, vous êtes gentils hein... ahahahahahah !!!

Ce qui déboucha inévitablement sur :
– Ben pourquoi m’sieur ???

Pourquoi pourquoi, y sont marrants eux, et pourquoi pas tant qu'on y est mettre une photo sur le site du col...
– Hé m'sieur !!! Comme ça on la mettrait sur le site du collège pour que les parents y voient !!!!
– Ben voyons, tu m’en diras tant…
– Ooooooooooh !!!! Allez m’sieur !!!!!!!

Que voulez-vous que je fisse ???

Il était donc écrit que ma générosité me perdrait avant que le diabète ne me gagne.

Et oui, voyant leur incompréhension, leur déception, pis bon, c’est mes 6e4 quand même, j'ai accepté d'immortaliser ce moment précieux, et qu'il soit affiché sur le blog de l'établissement.
Ainsi donc cher lecteur, il existe un blog de collège, où tu peux voir une photo de moi en tenue sexy, avec l'air très intelligent du gars qui s'est fait prendre la main dans la culotte. Et bien sûr, tu serais curieux de la voir cette photo, alors je vais te donner le lien de ce blog.

C'est ça oui, tu peux toujours courir."

Aïe, aïe, aïe. Je crois que "la main dans la culotte", ça ne passe pas, à la bibliothèque municipale.

mercredi 8 octobre 2008

Epictète et vache qui rit

Sur le chemin du Rendez-vous des amis.

Paris, quartier Abesses, 7 octobre 2008

mercredi 1 octobre 2008

Colle ton Mr Gum !

Besançon, le 30 septembre 2008, Grande Rue

A Besançon, les chewing-gums ne se languissent plus sur le trottoir.


Besançon, le 30 septembre 2008, Grande Rue

mardi 23 septembre 2008

Un homme qui vendait des bonbons dans le parc

Nouvelle de Luis Sepulveda (Chili)

Statue de Notre Dame en l'Ile - Eglise de Saint-Georges-d'Oléron

Moi, je n'ai jamais rien fait de mal.
Tout ce que je sais c'est que je dois me lever à six heures du matin pour avoir le temps d'arranger la corbeille qui est toujours en désordre. Il me faut du temps pour savoir combien de bonbons à la menthe, à l'anis ou à la violette je vais devoir acheter. Il me faut du temps pour savoir combien de barres de chocolat sont cassées ou ont fondu dans l'emballage, ou combien de petits soldats de massepain ont perdu leur allure de guerrier et ne sont plus que d'inutiles paires de jambes ou de petits visages souriants avec un fusil de bois, cassé lui aussi.
Il me faut du temps pour faire les petits paquets de pièces de dix, de vingt, vingt-cinq et cinquante centimes. Avec du papier journal je dois faire des rouleaux parfaits et écrire ensuite à l'encre noire la somme qu'ils contiennent. Il me faut du temps pour faire tout ce que j'ai dit, en plus de préparer ma lessive, tartiner mon pain de margarine et sortir rapidement avec la petite table pliante et la corbeille afin d'attraper le minibus de sept heures.

Moi, je n'ai jamais rien fait de mal, mais je dois faire très attention avec les gens. Il y en a toujours qui ne me connaissent pas, qui regardent mes cheveux coupés trop ras, qui regardent mes yeux, trop grands à ce qu'ils disent, alors que moi il ne me semble pas, qui regardent les vêtements qu'on me donne à l'asile et que je porte propres et repassés, et, ce qui est pire, il y en a toujours qui essaient de me voler quelque chose quand la corbeille n'est pas bien fermée parce qu'il y a trop de bonbons. Ça se passe en général le lundi et le jeudi, les jours où je vais au magasin pour acheter les friandises qui me manquent.
Quand j'arrive sur la place, il n'y a encore que les pigeons, et on durait qu'ils me connaissent tellement bien que mon emplacement est le seul qui ne s'éveille pas comme s'il avait neigé, enfoui sous les fientes d'oiseaux. Je crois que les pigeons me remercient des mies de pain que je ramasse chez moi et que je leur porte tous les vendredis dans une poche en plastique. Je crois que les pigeons le savent et c'est pour ça qu'ils respectent mon emplacement, au contraire de ce qui se passe avec le petit muet qui cire les chaussures. Lui, il leur jette toujours des pierres et essaie d'attraper les plus jeunes. Il dit que les pigeons mijotés avec beaucoup d'ail c'est très bon pour les poumons. Je crois que les pigeons n'aiment pas le petit muet ; le matin, son endroit est toujours couvert de merde blanche et ça le rend furieux.

Quand j'arrive sur place la première chose que je fais c'est de me signer devant l'image du Seigneur des Miracles, mais en tout cas, à lui, je ne demande jamais rien. Je ne sais pas, ça me fait honte de lui demander quelque chose, lui qui a toujours l'air très sérieux et plein de cierges, les plus chers, en train de fondre à ses pieds. Non. Je ne lui demande rien, simplement je me signe et j'ai très peur en voyant ses yeux terribles qui reflètent les flammes des cierges, on dirait qu'ils lancent des étincelles. J'ai peur aussi de sa cape de velours rouge, de la même couleur que celle de l'évêque les jours de procession quand tous les saints sont de promenade, et je dois faire plus attention que d'habitude, parce que ce jour-là il n'y a d'yeux que pour les saints et l'an dernier on a renversé deux fois ma petite table pliante, piétiné les bonbons et les chocolats, et je suis resté plusieurs jours sans rien manger.
Celle à qui je demande que la journée soit bonne, c'est la petite Vierge de la Pitié. La petite Vierge est plus petite que le Seigneur des Miracles et je la vois tous les jours avec son mignon visage de plâtre très souriant, comme si elle avait bien dormi, et comme si de bon matin, avant qu'on arrive à la place, quelqu'un l'avait lavée avec de l'eau de giroflée. À elle, oui, je demande que ce soit une bonne journée, qu'il ne pleuve pas, qu'on ne me vole rien, qu'il y ait beaucoup de collégiens et qu'ils m'achètent tout ce que j'ai dans la corbeille. Je lui demande aussi d'empêcher que je me trompe quand on me paie avec un gros billet et que je dois rendre la monnaie. Quand ça m'arrive, je deviens très nerveux et quand je suis nerveux mon visage dégouline de sueur, tout le corps me démange et je sens monter de mon ventre une mauvaise odeur qui peut faire fuir les clients. Quand je suis nerveux je ne peux presque plus parler et alors j'ai vraiment l'impression que mes yeux s'agrandissent.

La petite Vierge n'a presque jamais de cierges fins allumés. Seulement de ces bougies qui éclairent les maisons des gens qui vivent de l'autre côté de la rivière et qu'ils appellent des chandelles. C'est celles-là les siennes, des bougies bon marché, et parfois je lui en ai apporté un paquet entier pour la remercier des bonnes journées qu'elle m'a données, des journées où j'ai vendu presque toutes les sucreries et les barres de chocolat et où aucun petit soldat de massepain ne s'est cassé dans la corbeille, et parce que plein d'enfants sont venus sur la place, parce qu'il n'a pas plu et parce qu'on ne m'a rien volé.
A sept heures et quart du matin j'installe la table pliante et je dispose les gâteaux et les bonbons par goûts et par couleurs, les chocolats selon les prix, en laissant bien sûr les plus chers à portée de main et en alignant les petits bonshommes de massepain comme pour un défilé, en rang serrés les petits soldats, et le porte-drapeau en tête.
J'aime bien les aligner ces petits bonshommes. Chaque fois que je le fais, ça me rappelle d'autres temps, quand une femme m'emmenait par la main voir les défilés et m'achetait des glaces à la vanille. D'autres temps où je chantais rataplan plan rataplan au passage des tambours à cheval qui faisaient trembler le sol. C'est pour ça que parfois, quand j'aligne les petits bonshommes de massepain, je chante encore rataplan plan rataplan, mais doucement, parce que si quelqu'un m'entend j'ai très honte et je deviens nerveux, et j'ai déjà dit ce qui m'arrive, quand je deviens nerveux.

Quand le carillon sonne sept heures et demie, avec cette musique qui me plaît tant parce qu'elle fait danser les pigeons, tout est prêt et j'attends les premiers collégiens.

Moi, je n'ai jamais rien fait de mal. Tout ce que je fais c'est me lever à six heures du matin pour arriver à bien faire mon travail. Je le sais très bien, je suis sûr de n'avoir jamais rien fait de mal, c'est peut être pour ça que je suis devenu si nerveux le jour où les hommes en auto sont venus, les hommes avec des lunettes de soleil, qui m'ont demandé ma licence de vendeur.

Je la leur ai donné et ils ont ri, j'ai pensé que c'était de nouveaux inspecteurs de la municipalité, qu'ils regarderaient ma licence, qu'ils se rendraient compte que tout était en ordre, mais ils ont ri et ils ont emporté ma licence.
Je sais que les hommes de l'auto viendront encore aujourd'hui, comme ils sont venus d'autres fois.
Je me sens déjà nerveux, tellement que je n'arrive presque plus à parler. Je dégouline de sueur, tout le corps me gratte, je sens une mauvaise odeur qui monte de mon ventre, cette odeur rance de crapaud pourri qui risque de faire fuir les clients. Ils vont revenir, ils mangeront une ou deux barres de chocolat, les plus chères, sans me payer, et ils éclateront de rire quand je leur demanderai de nouveau ma licence, et je devrai leur donner tous les numéros des voitures qui se sont arrêtées devant la librairie cette semaine.
Je sais qu'ils ne me rendront pas ma licence bien que j'aie beaucoup prié la petite Vierge de la Pitié et qu'à eux aussi, j'aie dit que je n'avais rien fait de mal.

Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre, Éditions Métailié, 1997
Titre original : Desencuentros - Traduction de François Gaudry

mardi 9 septembre 2008

Ipomées

Petit matin à La Friche... les ipomées s'ouvrent.

Friche RVI, portail intérieur, septembre 2008

lundi 1 septembre 2008

Ciudad de tango


Certaines nuits d'été, il fait bon chausser les talons hauts.

Lyon, place Gailleton, le 26 août 2008

mardi 26 août 2008

La cité interdite

En cheminant de blog en blog — avec les hyperliens et les rétroliens, on part vite à la dérive — je suis tombée sur un morceau de poésie informatique. Cela s'appelle une "erreur 403" et c'est un pur moment de fantaisie.
"Le serveur a compris la requête, mais refuse de la satisfaire.

Une démarche d'authentification n'y fera rien et cette requête ne doit pas être renouvelée. Si la méthode invoquée est différente de HEAD et le serveur souhaite rendre public la raison pour laquelle il refuse le traitement, il le fera dans l'entité liée à cette réponse. Ce code d'état est souvent utilisé lorsque le serveur ne souhaite pas s'étendre sur les raisons pour lesquelles il refuse un accès, ou parce que c'est la seule réponse qui convienne.


Vous tentez d'accéder à une ressource qui vous est interdite.
"

lundi 25 août 2008

Feu follet

Aux pieds des danseurs
au bord de la rivière
la lumière s'en mêle.

Bal folk à Tarascon-sur-Ariège, 21 août 2008
Bourrée à trois temps

dimanche 17 août 2008

X-Rousse

"Mon village, ma presqu'île, mon archipel, ma colline"
(pochoir sur les trottoirs de Lyon)





Takuhertz ?

Taku :
"Le premier et le plus remarquable élément du SILA, c'est le TAKU, un récipient solide métallique ou de bois qui a l'aspect suivant:



TAKU

Selon les règles de son BOLO, chaque IBU reçoit un TAKU. Tout ce qui a place dans son TAKU est la propriété exclusive de l'IBU. Le reste de la planète est utilisé en commun. L'IBU a un droit d'accès exclusif au contenu de son TAKU. Il peut y mettre ce qu'il veut. Il peut emporter le TAKU avec lui et personne n'a le moindre droit, dans quelque circonstances que ce soit, d'en inspecter le contenu ou de demander des informations à son sujet (même pas en cas de meurtre ou de vol). Le TAKU est absolument insaisissable, sacré, tabou, sacro-saint, privé, exclusif, personnel. Mais seulement le TAKU. L'IBU peut y mettre son linge sale ou un fusil-mitrailleur, des drogues ou de vieilles lettres d'amour, des serpents ou des souris empaillées, des diamants ou des cacahuètes, une chaîne stéréo ou une collection de timbres. Et bien d'autres choses encore. Aussi longtemps qu'il ne pue pas ou ne fait pas de bruit (c'est-à-dire aussi longtemps qu'il n'exerce pas d'influence au-delà de lui-même), on peut tout y mettre.

Comme l'IBU peut être très capricieux (car il est aussi très particulier et pervers), il a besoin d'avoir quelque chose en propre. Il se peut que l'idée de propriété ne soit qu'une dégénérescence temporaire causée par la civilisation, mais qui sait? Le TAKU est la forme pure, absolue et raffinée de la propriété. Mais c'est aussi sa limite. (L'ensemble des IBUs peut toujours s'imaginer être propriétaire de toute la planète.) Le TAKU peut être utilisé par l'IBU pour lui rappeler qu'il n'est pas un abu, ubu, gagu ou quelque chose de pas clair, instable, indéfini ou quelconque, mais qu'il est bien une seule et unique chose: l'IBU. L'IBU a d'autres possibilités d'être sûr de son identité: les miroirs, les amis, les psychiatres, les habits, les bandes magnétiques, les journaux intimes, les grains de beauté, les photos, les souvenirs, les lettres, les prières, les chiens, les ordinateurs, les avis de recherche, etc. L'IBU n'a pas vraiment besoin d'objets pour garder son identité. Et pourtant la perte d'objets intimes pourrait lui être très désagréable et c'est pourquoi il faut l'en protéger. Il se peut que pour être quelqu'un de spécial il ait besoin de contacts secrets avec d'obscurs coffrets, avec des collections, des fétiches, des livres, des amulettes, des joyaux, des trophées ou des reliques. Il a besoin de quelque chose à montrer aux autres IBUs quand il veut prouver sa bonne foi. Seul ce qui est secret et tabou vaut la peine d'être dévoilé. Tout le reste est évident, fade, sans charme ni mystère.

Comme tout droit de propriété sans limite, le TAKU implique aussi quelques risques, mais ils sont d'une gravité relative. Il peut contenir des armes, des poisons, des objets magiques, de la dynamite ou des drogues inconnues. Mais il n'exerce jamais une domination sociale obscure et incontrôlée comme l'argent ou le capital. Il constitue un danger limité, mais aussi un moyen de prouver la solidité de la confiance, de la réputation et des relations personnelles."

P.M., Bolo'Bolo, Éditions de l'éclat, 1998

Hertz :

"Le hertz (symbole : Hz) est l'unité dérivée de fréquence du système international. Elle est équivalente à une oscillation par seconde (s-1, 1/s).

La hauteur du son se mesure (entre autres choses) par le nombre de vibrations par seconde. Le "la" de référence en musique s'obtient par le diapason qui oscille à 440 Hz. On dit également que l'oreille humaine perçoit les sons dans une plage de fréquence entre 20 Hz et 20 000 Hz.

Les ondes radios en modulation de fréquence sont diffusées sur une bande allant de 88 MHz à 108 MHz."

Wikipedia, l'encyclopédie libre

Takuhertz, c'est un peu le mélange des deux. C'est la malle à souvenirs entrouverte, une oscillation infime, une transmission. Bon voyage !